L’exposition photographique de Charlotte Gainsbourg aux Rencontres d’Arles offre une plongée rare dans l’univers personnel de l’artiste. À travers une série d’images capturées dans la mythique maison de la rue de Verneuil, elle explore la mémoire, l’absence et l’héritage de son père, Serge Gainsbourg. Ce projet, intitulé 5 bis, marque une nouvelle étape dans sa relation avec ce lieu chargé d’histoire, où chaque objet raconte une histoire.
Cette démarche artistique, à la fois poétique et introspective, révèle un regard unique sur l’intimité familiale. Charlotte Gainsbourg y partage des instants volés, des détails oubliés et une émotion brute, le tout à travers l’objectif d’un appareil argentique. Son approche, à la fois spontanée et réfléchie, interroge notre rapport à la photographie comme moyen de préserver le passé.
Une exposition née d’une quête personnelle
L’inspiration derrière 5 bis
L’exposition *5 bis* puise son origine dans les souvenirs de Charlotte Gainsbourg liés à la maison de son père. Après l’ouverture de la Maison Gainsbourg au public, elle a ressenti le besoin de capturer l’essence de ce lieu avant qu’il ne devienne un musée. « Petit à petit, la maison s’est chargée en objets, chacun ayant sa place spécifique », confie-t-elle. Ces photographies, réalisées dans un désordre organisé, reflètent une présence fantomatique, celle de Serge Gainsbourg, qui imprègne encore les murs.
Un processus créatif intuitif
Charlotte Gainsbourg aborde la photographie comme une passion d’amatrice, mais avec la même exigence que ses autres projets artistiques. Elle privilégie l’argentique, un choix qui ajoute une dimension de suspense à son travail. « J’attends le développement de mes négatifs avec impatience », explique-t-elle. Cette attente, rare à l’ère du numérique, lui permet de découvrir ses images comme une surprise, un moment de révélation.

La photographie comme dialogue avec le passé
Un regard pudique et intime
Le choix du Hasselblad, avec son format carré et sa lenteur, a influencé sa manière de capturer la rue de Verneuil. Dans un lieu où la lumière est rare, elle a opté pour des gros plans, comme si elle photographiait des visages. « C’est mon père que je cherchais à travers tous ces objets », avoue-t-elle. Ces images ne sont pas une simple documentation, mais une exploration de son lien avec Serge Gainsbourg, une manière de dialoguer avec son absence.
Une relation transformée avec la maison familiale
L’ouverture de la Maison Gainsbourg au public a profondément modifié sa perception du lieu. Avant, elle évitait de passer devant, tant la douleur était vive. Aujourd’hui, voir des visiteurs faire la queue devant la maison lui procure une forme de réconfort. Pourtant, elle refuse que les objets de la rue de Verneuil soient inventoriés ou figés dans un catalogue. « Cette exposition est une autre étape », précise-t-elle. Elle souhaite partager une intimité tout en laissant l’histoire se poursuivre, comme si le musée avait désormais sa propre vie.

Une artiste en quête d’imperfections
L’art de l’accident
Charlotte Gainsbourg assume pleinement son statut d’amatrice, un terme qu’elle revendique avec humour. « Je me suis toujours considérée comme une fausse actrice et une fausse chanteuse », confie-t-elle. Pourtant, cette approche lui permet d’embrasser les accidents et les imprévus, éléments qu’elle intègre volontiers dans son processus créatif. Pour elle, la photographie est un terrain de jeu où l’imperfection devient une force.
Un héritage assumé, mais réinventé
Si son travail photographique est indissociable de l’ombre de Serge Gainsbourg, Charlotte Gainsbourg insiste sur le fait qu’elle ne réalise pas une exposition sur lui. « Je l’amène davantage dans mon univers », explique-t-elle. Son regard, bien que pudique, est avant tout le sien. Elle ne cherche pas à reproduire, mais à réinterpréter, à créer un dialogue entre le passé et le présent.
FAQ
Pourquoi Charlotte Gainsbourg a-t-elle choisi la photographie pour explorer la mémoire de son père ?
La photographie lui permet de capturer des instants uniques et de préserver l’émotion liée à la maison de la rue de Verneuil. C’est un moyen de dialoguer avec l’absence de Serge Gainsbourg tout en partageant une intimité avec le public.
Quel appareil photo utilise-t-elle pour ses clichés ?
Charlotte Gainsbourg utilise un Hasselblad, un appareil argentique qui impose un format carré et une certaine lenteur. Ce choix influence son approche artistique et son regard sur les détails.
Comment l’ouverture de la Maison Gainsbourg a-t-elle influencé son travail ?
L’ouverture au public a transformé sa relation avec le lieu. Elle accepte désormais de partager cette intimité, tout en refusant de figer les objets dans un inventaire. Son exposition marque une nouvelle étape dans cette démarche.
Conclusion
L’exposition 5 bis de Charlotte Gainsbourg aux rencontres d’Arles est bien plus qu’un simple hommage à Serge Gainsbourg. C’est une exploration intime de la mémoire, de l’absence et de l’héritage familial, capturée à travers l’objectif d’une artiste en quête d’authenticité. En choisissant la photographie argentique, elle ajoute une dimension de surprise et de spontanéité à son travail, tout en assumant son statut d’amatrice passionnée.
Ce projet révèle également une évolution dans sa relation avec la maison de la rue de Verneuil. Après avoir longtemps fui ce lieu chargé d’émotions, elle accepte désormais de le partager, tout en préservant son mystère. 5 bis n’est pas une exposition sur Serge Gainsbourg, mais une invitation à découvrir l’univers personnel de Charlotte Gainsbourg, où chaque image raconte une histoire unique.











